Lettre ouverte

Toulon attention à ton eau !

Lettre ouverte à Messieurs les élus et hauts fonctionnaires

 voici nos questions, nous attendons vos réponses

 

Un projet de centre d’enfouissement technique (CET), soumis à enquête publique sur les communes de Cabasse et de Flassans sur Issole jusqu’au 04 Juillet 2008, a ému la population. Bien sûr, personne ne veut d’une mégadécharge à proximité de son habitation. Cependant outre les inquiétudes personnelles, il semble nécessaire d’alerter les populations avoisinantes car elles sont directement concernées sans être consultées.

Le centre proposé par la société SITA  (Suez) est situé sur la commune de Cabasse, à 3,2 km du centre de Flassans sur Issole est proposé sur les bassins versants du lac de Carcès, réserve d’eau de TOULON. Ce centre est proposé pour enfouissement de déchets industriels et ménagers et aura pour conséquence l’enfouissement de 200 000t/an de ces déchets. En clair ce centre est proposé pour remplacer le centre actuel du Balançan du groupe Pizzorno.

Les enfants du pays savent que les sols ne sont pas appropriés pour de l’enfouissement, car la géologie et l’hydrogéologie de cette zone fragilisée (Kharst) est très complexe. En clair, les risques pour la nappe phréatique existent mais sont minorés à notre sens, sans que nous ayons les moyens financiers de le démontrer face à une expertise d’un groupe au sommet du CAC 40. L’Issole, qui se jette dans le lac de Carcès, est directement impactée et le lac le sera par voie de conséquence.

Ce projet extrèmement bien présenté, dans un dossier de 1500 pages, sur lequel chaque citoyen des communes peut se prononcer, est un danger pour une communauté de communes, qui reçoit les ordures de 93 communes du Var depuis 35 ans au Cannet des Maures. Certains vont jusqu’à dire que pendant que l’argent se blanchit à Saint Tropez, nous blanchissons leurs ordures.

L’enquête publique ne concerne que les communes touchées par l’implantation de ce CET, et non pas comme nous le souhaiterions par l’ensemble des citoyens pour lesquels les conséquences de l’activité ont un effet sanitaire économique ou environnemental.

 

Le risque sanitaire existe, outre les risques pour la nappe des riverains qui vivent sur forage, les bactéries, liés au transport convergeant vers ce nouveau CET sont un risque sanitaire majeur.

En effet une pointe de 350 semi-remorques, liés à cette activité empruntera la RN 7 et passera avec ses odeurs et jus divers du Muy à Brignoles dans une zone accidentogène forte. La commune du Cannet des Maures par exemple va découvrir les odeurs qu’elle ignorait en ville lors des pointes de véhicules (tout en perdant les 350 000 € qu’elle percevait de l’activité du CET du Balançan).

La pollution accidentelle, ou à petit feu, des eaux de la nappe et de ruissellement sont un risque sanitaire important.

Où est le respect d’une loi constitutionnelle concernant le principe de précaution ? Ce projet est dangereux pour l’avenir mais non pas des 5000 habitants impactés par l’enquête, mais pour un bassin humain de plus de 500 000 personnes voire le double, si la nappe impactait le bassin de l’Argens.

 

Le risque environnemental est essentiel Cette exploitation proposée implique l’existence de la création d’une carrière. Nous estimons que les explosifs sont incompatibles avec le type de sol. Il y eut une carrière dans l’enceinte du projet actuel, mais elle fut fermée pour cette raison (et le danger pour la nappe). Ce projet est aussi dangereux pour le biotope fragile et la faune du fait de l’afflux des volatiles marins et rongeurs nouveaux pour ce territoire préservé. Ce projet changera le cadre de vie de villages, une origine  du nom de Flassans serait flatus sanus (air sain).

 

Le risque économique est majeur. Les communes de Flassans et Cabasse sont parsemées de domaines renommés et la coopérative de Flassans a inclus les vignerons de Cabasse sur près de mille Ha de côte de Provence en AOC. Ces vins sont primés et recommandés sur nombre de grandes tables. Qu’en sera-t’il d’« un vin trash » ou d’une cuvée de la décharge ? Le tourisme vert existe, que deviendrons les gîtes ou table d’hôtes créés ? Quelles conséquences touristiques pour Carcès, le Thoronet ? Quel avenir pour le golf existant ?

 

Le risque social est inadmissible Flassans a triplé en vingt ans, de gens qui ont investi par crédits dans des maisons où grandissent leurs enfants. Cette population sera condamnée à vivre dans les nuisances d’une décharge, car la perte de valeur des maisons et des terrains ne permettra pas pour ceux qui voudraient partir de rentrer dans leurs fonds pour retrouver l’équivalent. La loi française ne nous assurer pas d’indemnisation possible. Le groupe PIZZORNO, qui a investi sur un projet innovant depuis 2006, sera sûrement contraint à des licenciements.

 

Cette enquête pose aussi question. Comment, alors que, après consultation du secrétariat de la convention de Berne et Jean-Louis BORLOO pouvait écrire le 04 Février 2008 qu’il est favorable à une exploitation de quinze ans supplémentaires au Balançan, le Préfet signant le 21Mars des autorisations de défrichement, peut-on voir aujourd’hui des délibérations annonçant la fermeture du site du Cannet avec pour seule alternative l’ouverture du même type de site à 15 Km dans la même communauté de commune ? Y a t’il une autre lettre signée du ministre lui même, disant le contraire ? La réponse est non. 

Comment lorsque l’on demande une contre expertise des sols, peut on nous répondre que c’est au particulier de prouver ce que nous disons.

 

Nous invoquons le principe de précaution parce que nous détenons des pièces administratives autorisant en principe la poursuite de l’activité du site actuel. Les hypothèses de la volte-face sont pour nous difficiles à démêler. Est-ce parce que des intérêts boursiers nécessitent notre sacrifice, le Balançan gêne t-il la LGV , les intérêts politiques d’un élu depuis peu sont-ils plus importants que celui des petits contribuables de petits villages ?  Y a t’il d’autres raisons plus privées ?  Pourquoi alors, le Conseil général et la communauté de communes ont-ils financé pour  plus de 1 400 000€ un  camp pour les gens du voyage de passage si près de ce projet connu de longue date ? Pourquoi un permis de construire pour un lieu de culte musulman a –t’il été accordé au même endroit ? Est-ce digne des principes de respect des hommes et de leurs droits ? Nous espérons qu’ils se mobiliserons aussi au nom d’une cohérence territoriale et une concertation élargie aux populations qui subiront les nuisances et conséquences de cette enquête publique si la décision était en, faveur de cette nouvelle implantation!

 

Il est certain que ce dossier de cette enquête publique sera l’objet d’une décision du préfet entre le 15 Août et le 1° Septembre et que nous avons trouvé suffisament d’éléments pour tenter de faire invalider une décision positive. Cependant qui empêcherait Suez de représenter un nouveau projet ? Aussi souhaitons nous le refus du Préfet, confiant que l’Etat nous défendra mais motiv »s et vigilant. Aussi nous manifesterons nous jusqu’à la fin de l’enquête publique.

Nous estimons que la situation n’est pas très claire et que l’information publique n’est pas suffisante, sur ce qui se passe en Centre-Var. Nous proposons que le Balançan poursuive son activité jusqu’à ce qu’une solution concertée, propre et économique si possible, en refusant un chantage qui consiste à expliquer que si le nouveau CET n’ouvre pas, la fermeture du Balançan multipliera par X le prix de l’élimination de nos déchets.

Nous faisons pression par des actions et appelons les associations, qui voudraient se joindre à nous, nous contactent sur www.flassanspassion.com.  Car notre action, outre l’échec de cette enquête publique permettra de poser le problème des ordures, en refusant de sacrifier la Provence Verte au tourisme de la côte. Toulon a eu le mérite d’incinérer ses ordures qu’en est-il de Saint-Tropez. Nous appelons donc Hubert Falco, enfant du pays, notre ancien conseiller général, puis votre maire et aujourd’hui ministre,  pour qu’il solutionne en plus haut lieu le problème que nous posons. Nous appelons les opposants à la décharge du Balançan à comprendre pourquoi nous sommes favorables tout comme le ministre de l’environnement s’en est prononcé, nous demandons que le CET existant soit prolongé pour quinze ans. A Monsieur le maire du Cannet des Maures, nous présentons notre requête car au niveau du Plan Local d’urbanisme, vous êtes l’homme déterminant de la situation sur ce sujet.

 

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